LEIBOVITZ – LEIBOVITZ

339757_2789329249533_644831949_o

Camarade Leibovitz a sorti son show, et ça ne nous laisse pas indifférents ! Pour ce premier EP savamment mûri, Leibovitz projette la MAO dans ses confins pour nous servir un jus de luxe, nourri par ses premières passes à la clarinette, ainsi que par ses propres découvertes musicales. Cet album, sorti sur le label BeauBuro, est un must pour une première sortie. Enfin, qui avait cru baiser si bien pour une première fois ?

L’album éponyme est introduit par Plus et ses fréquences sinusoïdales. Tout de suite dans l’attente, on a l’impression d’être arrivés à la fin du spectacle : un téléphone pendu au combiné et une tonalité morte, comme si un carnage venait de se dérouler et que l’on arrivait déjà trop tard. Trop tard ? Oui. Tout est dit. Nous venons d’arriver et nous en voulons déjà Plus. Ca peut être étrange de commencer par la fin, mais n’est-ce pas tentant de nous livrer la conclusion, pour ensuite nous faire comprendre les péripéties ? Le parcours fera alors tout son sens. Les arpèges qui lancent la fin du morceau nous glissent alors dans ce conte que Leibovitz est prêt à nous révéler.

L’ambiance se relâche sur Pakistan. L’histoire est bien celle d’un chaos. Celui-ci a frappé, laissant toutes les forces retombées dans un silence mal-ordonné. Le calme après la tempête. C’est le moment de toutes les utopies. C’est le moment de commencer à rêver. C’est ainsi que Dreamin’ pool nous montre que l’onirique et l’intime ordonnent nos nouveaux schémas de pensée. Il y a de l’espoir. Il y a de l’amertume. Rien ne sera plus jamais comme avant, et c’est avec cette certitude que le nouveau monde se bâtira et ne répètera pas ses erreurs passées.

Break. Flash-back. Les quelques survivants de cette apocalypse racontent la vie de leurs ancêtres. Que s’est t-il passé ? Ils nous disent que, au fond, les anciens croyaient peut-être bien faire, et ils se sont trompés. Les forces qu’ils employaient à faire le bien, à exorciser le mal, ensemencèrent le monde de racines stériles et empoisonnées. Ce n’est qu’en voyant leurs propre forces se retournaient contre eux qu’ils comprirent, à la toute fin. Mort par le feu, ou comment les ritournelles innocentes peuvent être aliénantes et destructrices. Sachez-le.

Le conte se finit sur une sonorité universelle, comme si rien n’avait changé, et rien ne changerai jamais. Un monde qui s’efface laisse la place à un monde qui continu, et qui oublie. C’est ce que Vampire State building nous montre dans ses structures dégénérantes. La force de nos assurances ne survit-elle donc jamais ? Une voix nous dit pourtant le contraire « If you’ve read the book, you’ll know why »….

art11_bandeau

Cette histoire est bien sûr personnelle, j’y vois ce que j’y vois et il vous laisse toute la marge pour en faire de même. Un autre chroniqueur a dit que Leibovitz s’évertuait à « construire des châteaux de cartes pour mieux les dynamiter à la base ». Diagnostique avec lequel je tombe plutôt d’accord. Sachez au moins que cet EP est une première pierre, et c’est ainsi que j’ai voulu l’interpréter. Restez tout à côté, il ne saurait tarder pour qu’une de ses prochaines sorties fassent date. On a entendu dire qu’un projet concert/vidéo était en préparation. Qu’il est bon de cueillir les fleurs de l’aube !

Le lien vers son EP.

Ci dessous, son clip « Mort par le feu »

 

 

Leibovitz | Mort par le feu from Nicotine on Vimeo.

 

 

Partager
Categorized: CHRONIQUES

This Post Has 0 Comments

Leave A Reply