INTRODUCTION AU GRIME ET ROLL DEEP CREW

Prenez une cave humide et sombre, mélangez-y des subwoofers  et des enceintes merdiques, rajoutez un groupe de rappeurs anglais énervés à souhait et vous obtiendrez un cocktail fumant et déjanté qu’est le GRIME.

Comprenant l’un des précurseurs de ce que l’on appelle le mouvement grime (en anglais : dégueulasse) Wiley, le fondateur de Roll Deep Crew, exerçait ses cordes vocales dans les caves humides de Londres en compagnie de pleins d’autres artistes dont le fameux Dizzee Rascal. Ceux-ci ont collaboré un moment ensemble avant qu’une embrouille les séparent, et qu’ils prennent tout deux des chemins différents. Dizzee, à la carrière que l’on ne raconte plus, a multiplié les hits mais a préféré se tourner vers le mainstream après que son premier album décolle et l’amène à se produire dans toute l’Europe. En revanche Wiley lui a continué à écumer les boîtes et rues de Londres avec ses acolytes (notamment D Double E, Kano, Jammer, ainsi que les membres de Roll Deep Crew).

Voulant réunir leurs forces et après avoir fait partie du crew « Pay As U Go« , Wiley crée alors en 2002, Roll Deep. Ils vont devenir un des crew les plus influent dans le paysage grime. En 2005, l’album « In A The Deep End » (comprenant les tubes « When I’m Ere« , « Shake A Leg«   et « Heat Up« ) provoque à l’époque un boom dans l’univers du hip hop anglais, jusque là représenté par The Streets et les Mitchell Brothers. Leur album « Rules and Regulations », dont une des track tournera dans toutes les oreilles des anglais avec un clip qui caractérise lourdement l’ambiance agitée et tendue de la banlieue londonienne, « Badman ». Pour revenir sur Wiley, il trouva le terme « Eskimo » pour décrire son grime et son univers, selon lui, le grime c’est froid, c’est dur et ça raconte pas souvent que des trucs cool.

Le Roll Deep Crew compte dans ses rangs ; Wiley, Breeze, Manga, Scratchy, Flow Dan, J2K, Karnage, Brazen et le DJ/producteur Target. Avec comme anciens membres, Dizzee Rascal, Skepta, Danny Wee, Trim, Roachee, et Tinchy Stryder pour ne citer qu’eux. Certains membres du crew utilise le « slang » lorsqu’ils rappent, qui est l’argot anglo-saxon et certains y intègrent même souvent du patois caribéens.

Vous imaginerez bien que je ne peux raconter ici toute l’histoire du grime, ni même m’étaler sur la biographie de Roll Deep, ce petit texte n’est qu’une mise en bouche et sert d’introduction pour des prochains articles racontant peu à peu l’histoire du grime, car c’est malheureusement un mouvement encore trop peu connu. Pour faire simple, le grime c’est en général du 140 bpm, du 2-step avec du 4×4, breakbeat comprenant du garage, des sublows, du bashment, des sonorités dub/dancehall et évidemment hip hop, ou bien encore des wobbles (caractéristique du dubstep) et pleins d’influences diverses et variées.

Vous savez ce qu’il vous reste à faire, poussez vos enceintes à fond et prévenez vos voisins qu’ils risquent des ruptures d’anévrisme et attaques cardiaques.

 

 

Partager
Categorized: CHRONIQUES , Grime
Tagged: , , , , , ,