Goat – World Music

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C’est le genre d’album qui te met la tête à l’envers dès la première écoute. Le genre d’album qui te fait flipper tellement tu te sens ensorcelé dès les premières notes. Si tu as déjà appuyé sur play, sache que c’est trop tard pour toi. Goat t’a jeté un sort et va maintenant s’amuser avec toi comme avec une petite poupée vaudou dans laquelle on enfonce des aiguilles.

Les définitions que j’ai pu trouver sur la toile concernant la musique de Goat sont assez alambiquées. « Afro-beat metal », « progressive funk »,  « kraut psychédélique» et autres qualificatifs tous plus whatthefuck les uns que les autres. Sorti durant l’été 2012 chez Rocket Recordings, leur premier album World Music est passé quasi-inaperçu, bien qu’étonnamment relayé sur des plateformes à large diffusion telles Pitchork, le site de la BBC, ou encore de The Guardian, et une interview sur le très bon site The Quietus.

C’est du fin fond d’un petit village de Suède nommé Korpilombobo, qu’ils ont composé ce véritable joyaux noir flamboyant. Bien que jouant ensemble depuis plusieurs années, le groupe ayant connu de nombreuses configurations, le projet de sortir un album studio ne s’est concrétisé que sur le tard, le but avoué n’étant pas l’album en lui-même, mais simplement le fait de composer et de jouer de la musique. On tentera d’évacuer le sentiment d’effroi induit par l’idée qu’un album comme celui là ne soit jamais sorti.

La musique de Goat est dangereuse tant elle est addictive. Prodigieusement baignée  dans un univers où se côtoient vaudou, magie noire et autres invocations de puissances ténébreuses, voix féminines, guitares, basses et percussions s’entrechoquent et semblent tout droit sorties d’une décennie passée où Funkadelic, King Crimson, Fela Kuti, ou encore Black Sabbath régnaient en maîtres. Pourtant les membres de Goat ne singent en aucun cas les vestiges de cette époque révolue, mais plutôt transcendent leurs nombreuses influences, qui vont du chant des oiseaux à la nourriture, dixit Christian Johansson leader du collectif. Un collectif composé de nombreux membres interchangeables, qui avancent masqués lors de leurs concerts. L’important n’étant pas celui qui joue, mais bien CE qu’il joue.

Difficile à résumer, l’album composé de 9 titres s’écoute de bout en bout, porté en apothéose par le second morceau Goatman. Véritable transe exaltée et merveilleuse, servie par des riffs enfiévrés et des drums puissants et pénétrants.

Goat confirme un état de fait. Les Scandinaves sont plein de ressources intarissables et passionnantes. Il ne tient qu’au reste du monde d’oser se montrer un peu plus curieux de se qui se passe au delà de nos campagnes, en direction du grand nord.

 

//La bête à cornes sera en concert le 27 juin à Londres. Pas de date française malheureusement pour l’instant.

 

 

 

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This Post Has 1 Comment

  1. cédric dit :

    Bonjour,
    J’ai bien aimé cet album,très psyché.Les Scandinaves sont,effectivement,très forts pour revitaliser des genres de la fin des sixties et du début des seventies.On pense aussi à un groupe contemporain :Master Musicians Of Bukake. Un album incontournable si on aime ce revival.

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